Et voilà...3éme chapitre après justement une semaine en Egypte, pays pharaonique...
Dites ce que vous en pensez, ça m'aide...^^
Chapitre 3 : aperçu divin...
Ma respiration légère, 300 souffles dans l'avion qui vacille dans les courants d'air,ne dérangeant pas mes rêves sans consistance particulière,qui me laisseront sûrement un goût amer au réveil :
-Kat chérie, réveille-toi ! Nous sommes arrivés !crie soudain la voix aigue de ma mère,me tirant de mon sommeil paisible,accoudée contre le hublot
J'ouvre les yeux, encore ensommeillée, mon premier geste fut de plaquer une main sur mes cheveux afin d'aplatir les éventuels épis provoqués par ma position de dormeuse. Puis,bâillante ,j'ai étiré mes bras vers le plafond bas,ma colonne vertébrale sentant le changement de situation de l'appareil à présent ronronnant comme un gros chat sur la longue piste d'atterrissage. Les 5 heures à l'origine prévues pour le voyage sont finalement passées à une de ces vitesses ! Et dire que je m'inquiétais de ce que j'allais faire...
Instinctivement ,je tourne la tête vers la « miroir killer » .La demoiselle ,toujours aussi ringarde,regardait par la fenêtre ,positivement silencieuse,en tout j'ai dû entendre sa voix à peine une fois ,absorbée par la vue du Caire endormi ?
Ressentant un manque de lumière bizarre dans l'avion, je lève mon visage vers la lampe située au-dessus de moi et l'allume rapidement, oppressée par la semi obscurité de la cabine.Sur mon côté, maman me sourit gentiment et se redresse contre son siège, remettant les boucles brunes de sa coiffure en place. Je fixe mon regard perçant à travers le hublot, impatiente à l'idée de découvrir le cadre dans lequel j'allais passer mes vacances.
Ce que j'aperçois me déçois un peu : les lumières de l'aéroport brillent faiblement 100 mètres plus loin,, ne laissant rien voir et le soleil est déjà bien bas à l'horizon, entouré de dunes sableuses...Difficile de penser que le Caire, ville célèbre dans le monde entier, se tient devant nous, à travers cette vitre épaisse couverte de buée...
Je soupire, me recoiffe du dos de la main distraitement. Mon 6éme voyage en avion, 1ére classe en plus et je l'ai passé à dormir contre mon hublot comme une bienheureuse...
Je dévisage Bastien, toujours concentré sur sa PSP depuis 5 heures. Comment fait-il pour se passionner autant pour une connerie pareille ? Mystère et shit ! En tout cas c'est incroyable ce que la technologie dure longtemps à présent, j'espère que mon con de frangin a oublié son chargeur, ça nous fera des vacances ...
En attendant la piste d'atterrissage n'en finissait pas et on se serait cru en car que ça n'aurait pas été différent...De toute façon nous étions le seul avion à atterrir, aucun autre ronronnement bruyant ne manifestait sa présence .Je sens immanquablement mes oreilles se boucher à cause de je ne sais plus quel phénomène de compression, j'aurais dû prendre des chewing-gum...Alors je me suis rendue compte que mon MP3 tournait toujours sur la même chanson qu'au départ, celle de Diams...Quand je parlais que la technologie dure longtemps !Mon père commence à défaire sa ceinture sans précipitation, prêt à se lever pour descendre mes bagages, galant petit papa finalement. L'appareil s'immobilise après 200 mètres de roulage sur l'étroite piste bordée de petites lampes bleues brillant dans le crépuscule. Je rouvre quelques boutons de mon chemisier, étouffant malgré la climatisation. Je repasse rapidement mes mains sur ma jupe afin de la remettre en ordre. J'ai, heureusement, pas dû dormir dans une position trop bizarre.
La voix du commandant, virile soit dit en passant, retentit dans l'avion, amplifiée par les haut-parleurs au-dessus des passagers :
-Nous voici donc au Caire, notre destination, La température au sol est de 23° environs et suite au décalage horaire d'une heure il est 8 :35 heure. Vous pouvez détacher vos ceintures, en espérant que vous passerez un agréable séjour...
Il n'en fallut pas plus pour lancer the signal. Les voyageurs se libérèrent de leurs fauteuils en 5 secondes chrono, prêts à se ruer dehors et à être le premier à avoir l'insigne honneur de poser le pied sur le goudron fondu de la piste dans une chaleur de 23° (le soir en plus !) sûrement à faire suffoquer un mammouth. Je passe une main sur mon front, inquiète. On se trouve en Egypte bon dieu et les gens continuent à se comporter comme si on était à Paris, c'est-à-dire genre gros cons ! Je sais pas pourquoi mais ça me rappelle le film Jurassic Parc, c'est débile comme idée je sais, en plus, ici les gens sont trop pauvres pour faire des expériences sur de l'ADN de dinosaure...Hum...
Maman me presse de me bouger, je m'exécute avec mauvaise humeur, sortant de mon sac ma paire de lunettes de soleil bleues de chez Nicci (même s'il n'y a pas de soleil !). Bastien, assis tranquille sur son siège, lève un instant la tête pour s'apercevoir qu'il lui faut se préparer à descendre de l'engin. Tout aussi mou, il éteint (enfin !) sa PSP et enfile sa veste. Je soupire longuement, c'est pas de chance, on aurait pu l'oublier dans l'avion mais non, la malchance me poursuit inlassablement. Je prends mes valises ,descendues par les bons soins de papa, en main et suis la longue file d'attente des voyageurs.
Au bout de 5 minutes horribles à se faire piétiner, gruger, bousculer par des bonnes femmes (et des bonhommes aussi), je pose le pied sur la première marche de l'escalier de fer menant à la piste, qui me semble bien lointaine, je reste figée par la chaleur effrayante (23° tout de même !) de l'Egypte et juste l'instant d'après, un grand vent provoqué par les réacteurs passe avec violence, me décoiffant magistralement. Les cheveux dans les yeux, je hurle d'effroi. Comment ce...ce machin venteux a-t-il osé ??? J'avais réussi à préserver ma coiffure depuis l'aéroport de Paris, face à la « miroir killer », au sommeil forcé, aux soubresauts de l'avion dans les courants et ce salopard de vent vient tout foutre en l'air ?! Ma coiffure héroïque aux proportions parfaites, la frange bien alignée, les pointes parfaites, bien lissées et voilà !!!3 heures de coiffage attentionné devant la glace pour rien ?!
Face à mon cri perçant, les voyageurs se retournent, étonnés par l'air outragé de cette grande blonde se tenant sur l'escalier, une main sur ses cheveux. Maladroitement, je tente de me cacher derrière mes valises, résistant aux assauts répétés des « tornades » de cet aéroport infernal, pire qu'à Paris ! Maman me dévisage; elle qui déteste se faire remarquer, avant de s'excuser brutalement auprès des passages énervés qui continuent leur chemin en grommelant. Je soupire une nouvelle fois, me relevant lentement. Malgré ma honte, je descends les marches comme une princesse, le chemiser entrouvert, roulant des hanches du haut de mes escarpins noirs, les lèvres sèches.
Devant l'avion bus hideux nous attend, avec trois places assises à l'intérieur, bien évidemment déjà prises. Je me faufile à l'intérieur avec difficulté, tenant mes valises à bout de bras. L'espace n'est pas bien grand, l'atmosphère insupportable, je résiste à grande peine à me boucher le nez mais comme mes mains sont prises, c'est même pas la peine d'y penser. J'agite inutilement mes doigts pour m'éventer, ressentant un étrange pincement au c½ur. Au bord de la route crevassée, des palmiers aux feuilles jaunâtres, à des milles des magnifiques spécimens de Cannes. Quelques pas plus loin, encore des dunes, toujours des dunes énormes s'étendant à perte de vue dans la faible lumière de fin de journée, à croire qu'on ne se trouve pas dans un pays civilisé mais chez les schtroumfs et encore ...
Je tente de m'accouder à al porte de sortie, pensive. A travers la vitre sale, je pourrai presque sentir l'odeur âcre de l'essence, écoeurante, vive le dégazage !!!
Sh'uis pas très écolo pour ma part c'est vrai mais je suis pour le parti des verts ! Ce qui ne semble pas être le cas des égyptiens...
Enfin bref, à chaque trou dans la route sablonneuse, l'antique bus recouvert d'une couche de peinture orange/kaki très ragoûtante, s'envole dans les airs, sautant dans tous les sens avec des bruits de ferraille bonne à jeter à la décharge, à droite puis à gauche, envoyant valdinguer les passagers comme des quilles contre les murs ...Et comme je suis l'une des plus proches de ces murs devinez la suite...Très agréable sensation d'écrabouillement, heureusement que j'ai le c½ur bien accroché !Pas que je n'apprécie pas les montagnes russes mais après cette expérience je risque de les aimer beaucoup moins.
Je suis sortie de ce véhicule pâle, encore plus décoiffée, des cernes sous les yeux, les lunettes de traviole, les vêtements chiffonnés,un immonde mal de c½ur m'harcelant et à mes côtés un Bastien aussi frai qu'une pêche...Ces envies de meurtre je vous jure !S'il le prend comme ça ...Nous nous sommes dirigés à petits pas vers l'aéroport, énorme bâtiment blanc/gris, vitres à l'apparence teintées tellement elles sont couvertes de poussière, pour échanger la chaleur du temps pour une pire encore à l'intérieur, suffocante. J'ai failli tourner de l'½il, ma peau délicate non habituée à cette vie difficile. Maman, sentant mon malaise, m'a courageusement retenue par le bras, sortant les passeports de son sac à main. Je tourne mon regard vers elle, la voyant quelques minutes autrement que comme l'infirmière chieuse, la mère qui s'en fout, l'esclavagiste, la conne...Mais ce genre de trip mystique ne dure ne général pas très longtemps. Ma mater me sourit et je reste froide, faisant mine d eme concentrer sur le claquement agréables des portes automatiques. D'une oreille j'écoute les voix autour de moi, activité éducative très intéressante quand on est surnommée au lycée « mademoiselle petits potins »...Ma vieille, voyant mon rétablissement miracle, me lâche pour aller formaliser les papiers nécessaires à notre embarquement. Je m'approche d'une glace accrochée à un mur jaune vomi, histoire de me remaquiller, mon tit miroir hors-service. Mon reflet me fait alors face, les yeux cachés par les énormes lunettes bleues, la tête blanche, les traits tirés. J'enlève mes binocles, prête au pire. Je ne fus pas déçue sur ce coup-là : les yeux brillants de fatigue, du mascara coulant, mélangé au crayon noir, me donnant l'apparence d'une vieille femme cernée. J'appuie mon front contre la surface lisse, ressentant le découragement. Quelqu'un frôle mon dos, suivi d'un bruit de pas léger :
-Elodie, dépêche-toi de m'aider à récupérer nos bagages, le bateau ne nous attendra pas toute la nuit. geigne la voix de la rousse, mère de la « miroir killer »
Bouche bée, je ne bouge plus. Ai-je bien entendu au moins ? Cette...cette ringarde, je vais passer deux semaines avec elle !!!Pauvre de moi, avoir sous les yeux pendant les vacances cette paumée de la mode, je vais devenir aveugle !Je savais déjà qu'en Egypte, c'est pas le pays de la fashion altitude mais on y peut rien, ils sont pauvres, alors que là...Elle manque pas de fric la meuf !
Mal à l'aise, je remet mes lunettes pour cacher mon état, renvoyant de l'autre main mes cheveux dans mon dos. Je me tourne, gardant un sourire forcé, commercial, sortant un mouchoir de mon sac et essuyant une petit partie du maquillage coulant avec peine. Puis, d'un pas décidé, bagages en mains tel un gladiateur son épée, je me dirige vers le groupe de personnes voyageant dans un avenir très proche sur le « Nile star ». Je repère rapidement mes parents et ne les lâche plus durant la vérification des papiers, observant d'un air mauvais les gens ayant le malheur de poser les yeux sur mon si beau visage à présent déformé. Le contrôleur me dévisage un instant avant de regarder sur le passeport :
-Katie, Elisabeth, Diane ??? demande-t-il, lisant les uns après les autres tous mes noms
Je grogne secouant la tête positivement.
Il hausse les épaules, tamponne mon papier et me le rend...Par la suite, accrochée au bras de ma mère, je fixe tout autour de moi, les murs vieillots, les vitres sales,la couleur immonde jaune vomi, le carrelage blanc, les douaniers parlant entre eux une langue que je ne peux (veux) pas comprendre. Très réjouissant tout cela ! Enfin,ils font passer nos bagages à main dans le contrôleur de métaux et 20 minutes plus tard on en sort avec soulagement, Bastien ayant eut un entretien privé au sujet de la flasque à alcool se trouvant dans la poche gauche de son sac à dos. Je baille, en train de m'endormir encore une fois. Mes parents me quittent soudainement vers le tapis automatique reprendre leur valises qui ne sont pas encore arrivées, plongeant dans la mêlée. Je me laisse tomber avec grâce dans un fauteuil marron, attendre avec un minimum de confort au moins. Je regarde avec insistance mes ongles manucurés, mes longues jambes étendues devant moi :
-Voyageurs de la compagnie « Nouvelle frontière » et du « Nile Star » sont priés de s'approcher...
A peine deux minutes écoulées que cette voix grave à l'accent chantant arabe vient me sortir à son tour de l'engourdissement. Je m'étire, surprise. Je regarde autour de moi et repère un homme à l'apparence jeune, grand, la peau matte, les yeux bruns pleins d'intelligence, les cheveux noirs mi-longs aux épaules, les traits fins donnant une apparence douce, le tout vêtu d'un tee-shirt bleu nuit mettant en valeur ses biceps impressionnants et d'un jean déchiré à de nombreux endroits ainsi que tenant à bout de bras une pancarte rouge portant l'inscription en grandes lettres rouges « Nouvelle frontière ». Très séduisant je dois dire...Tout son être respirait la jeunesse, cela m'a enchantée. J'ai cherché du regard mes vieux mais ne les voyant pas, je suis allée seule à la rencontre du matador égyptien, traînant mes valises. Arrivée à destination, je suis restée plantée là, haletante, la peau rouge, tous mes soucis envolés. Le jeune homme m'a rapidement remarquée, il faut dire, que j'ai un visage qui attire le regard. Oubliant mes lunettes, j'ai souri largement :
-C'est vous qui vous occuper des voyageurs de <Paris sur le « Nile star », l'accompagnateur ? ai-je questionné, clignant des yeux inutilement
Il s'est gratté la tête avant de me rendre un sourire éblouissant :
-Non mademoiselle, moi je m'occupe seulement de vous accompagner au guide qui lui vous emmènera au bateau, je suis juste le contact du Caire...
Je fis l'impossible pour que la déception ne se lise pas sur mon visage, déçue que j'étais. Le jeune homme a continué à sourire niaisement, a agité la main ,comme s'il faisait signe à des gens dans mon dis. Tournant la tête j'ai vu arriver une vingtaine de vieux, dont mes parents, armés de leurs valises, à qui irait le plus vite. Je mer suis écartée d'un pas, m'humectant les lèvres. Tout ce petit monde s'est agglutiné autour de l'indicateur qui leur a expliqué ce qu'il venait de me dire, ne précisant même pas son nom. De tout façon, je parie qu'il est nul !
Il nous a prié de le suivre vers le car qui nous attend à l'extérieur. Ma mère s'est penchée vers mon pater pour lui dire quelque chose que je n'ai pas entendu. Toujours brandissant sa pancarte ringarde, le jeune, bel, égyptien a tourné les talons et le groupe l'a suivi en bavardant joyeusement. Je n'y ai vu que des vieux à part la « miroir killer », ça en devient de plus en plus déprimant cette affaire si je ne rencontre personne .Je leur ai emboîté le pas, le c½ur battant la chamade dans l'air étouffant (ils connaissent pas la clim ou quoi ???). Nous avons dépassé les portes automatiques pour nous retrouver en plein air, la nuit complètement tombée, nous prenant cette fois de plein fouet le vent chargé de poussière. J'ai toussé, une main sur la bouche. Un autre égyptien s'est alors approché de l'indicateur qui nous a fait de grands signes afin que l'on se rassemble :
-Messieurs, dames, je vais à présent vous laisser aux bons soins de votre accompagnateur qui vous emmènera sur le bateau en car : Nabil ! a-t-il crié
Je m'essuie les yeux, le mal du pays me secouant déjà. Le dénommé Nabil, un grand arabe brun toujours, les cheveux courts bouclés, s'est avancé en souriant :
-Si vous voulez bien me suivre vers le car...
Nous l'avons gentiment suivi, genres petits chiens. Ca me met les nerfs de devoir obéir encore ! Jetant un coup d'½il en biais, j'ai vu la nulle Elodie, le visage inexpressif, les yeux baissés, à côté de sa mère qui m'a l'air bien niaise ! Nous sommes arrivés devant un grand car noir d'une marque inconnue. Bizarrement ça m'a rappelé les cours, le lycée, le levé à des heures impossibles. Dans le ciel la lune blanche se levait, prouvant que partout les rêveurs sont pareils. J'ai attendu de nouveau 10 minutes que les gens s'écartent de la soute afin de pouvoir enfin y mettre mes propres bagages volumineux, poussant dans tous les sens. Après de multiples efforts, je suis montée pour avoir le repos mérité. Il fait heureusement plus frais dans le véhicule. J'ai réussi à trouver une place seule prés d'une fenêtre dans le car à demi rempli, pas beaucoup de peuple dis donc !
Je suis restée rêveuse pendant que le bus s'ébranlait sous les commentaires de l'accompagnateur, que je n'entendais même pas et qui me paraît bien rasoir. J'ai passé ma main dans mes cheveux, mes parents assis quelques rangées plus loin, Bastien de nouveau parti vers le monde merveilleux de Super Mario et ses amis. J'ai sorti mon Mp3, croisé mes jambes, regardé le paysage nocturne à peine visible qui défilait, encore et toujours dunes, palmiers, dunes...Quelle diversité ! Le blablatage de Nabil forme un fond musical tout a fait désagréable, sûrement pas intéressant. Je ferme les yeux un instant, pour me relaxer. Quand je les rouvre, quelqu'un me secoue sans douceur à l'épaule, le car ne bouge plus ;, il me semble que seule une minute est passée :
-Réveille-toi frangine, on est arrivéeuh !
La voix de mon adorable frère, 17 ans, 5 ans et demi dans sa tête...hum...Agréable :
-J'dormais pas crétin ! Ai-je rétorqué
-Oh, ça va, hein ???Si tu pionçais pas, tu foutais quoi ?
-Ta gueule emmerdeur !
Je me suis levée, brutalement, ankylosée. Le bus est vide, à part nous deux. Je l'ai poussé le frère avec violence et suis sortie à grands pas, furieuse, pour constater que nos bagages avaient été emmenés par une mystérieuse force. Regardant autour de moi, j'eus l'occasion de constater que nous étions garés dans une sorte de petit parc désert, à la route goudronné, bordée de hauts palmiers et autres plantes, entouré par un muret blanc crème. J'ai craché par terre, comme la pouffe que je suis. Quelques mètres plus loin, le groupe s'éloignait lentement. Je sens une ruade dans le dos tandis que je bascule en avant, me rattrapant de justesse :
-Avance Katie, le bateau va pas nous attendre toute la nuit ! Surtout pas toi en plus !T'es pire qu'une limace...
Ne répondant rien, je suis le peuple, me mordillant la lèvre inférieure, les yeux brillants. Nous avons traversé un portail de fer forgé avec une inscription au-dessus : « EAST MAR ».Alors ce fut la foudre, devant nous s'étend le Nil, la plus grande célébrité d'Egypte mais pourtant invisible fans cette nuit, à part sous la lune qu'il reflète. Au bord du long fleuve, des escaliers de pierre blanche. Dans l'air doux, le bruissement des feuilles de palmiers. L'odeur de l'eau, de terre flotte autour de nous. En contrebas, je repère un grand bateau blanc, le seul là sur 300 mètres, seul lumière dans l'obscurité, portant sur la coque des lettres dorées « Nile Star », couvert de nombreuses fenêtres encore sombres. Je suis restée pétrifiée par cette vision à la fois magnifique et terrible, tentatrice et douce, apporteuse de sortilège en tout cas. Le vent agite doucement mes cheveux, apportant de la fraîcheur. J'ai porté ma main à ma bouche les yeux ronds, moi qui n'as jamais été spécialement été ouverte à la beauté des paysages. Seules la lune et quelques fenêtres dispensent une lumière incertaine mais laissent tout inchangé, comme une photo, parfaite... Je distingue en bas, prés des eaux noires, à l'éclairement faible, 4 silhouettes, une 5éme à l'écart. L'une est assez grosse, la deuxième grande avec des pointes au bout d'une coupe mi-longue, la troisième avec des cheveux bizarres, semblant tenir en l'air au-dessus de sa tête, et le 4éme avec une casquette-queue de cheval. De loin, je n'ai pas très bien vu ,j'ai juste entendu un nom prononcé d'une voix sensuelle ,aigue ,seulement 3 lettres : « Tom ». La silhouette à casquette a semblé secouer la tête et ils sont tous les 5 rentrés dans le bateau par je ne sais quel moyen, disparaissant dans l'ombre. Sur le moment je ne savais pas leurs identités...Je ne les ai pas reconnus...Si j'avais su...
Nabil est venu devant nous, derrière lui le paysage ensorcelant :
-Bienvenue en Egypte mesdames et messieurs, en bas vous pouvez voir (comme si on était aveugles...) le Nil star, rénové l'année dernière. Il y aura quelques autres passagers dessus. Aussi je vous demande de ne pas faire de bruits en rentrant. Quand au programme de demain : matinée libre mais petit-déjeuner à 9 heure, déjeuner à midi, l'après-midi dépendra de l'heure à laquelle nous arriverons à Giza, dîner à 8 heure dans tous les cas...Je précise qu'il y a une piscine sur le pont supérieur, un bar au troisième étage...A présent, venez ! explique-t-il en s'agitant inutilement
Quel programme passionnant ! Sieste, sieste et sieste en perspective...
Le guide est reparti d'un pas élastique, sautillant. J'ai effacé de ma mémoire les silhouettes mystiques, après tout s'il y a quelque chose à découvrir je les verrai demain matin, ça ne presse pas ^^.Le groupe a continué à descendre, la façade du bateau nous apparaissant de plus en plus grande, cachant le ciel. Une porte s'est ouverte, carré de lumière. Nous avons marché par-dessus les eaux sombres du Ni grâce à une planche instable, grand luxe pour une croisière à 2500 euros/personne. Respirant un grand coup, j'ai étendu les bras, traversant à petits pas. L'intérieur du bâtiment m'a laissée ébahie, un grand escalier de marbre (et ça coule pas ^^), des scènes de vie égyptiennes peintes sur les murs bleu azur, un sapin de noël au centre couvert de biscuits,de grands fauteuils dorés pour l'attente et le tout tenant dans un espace réduit. Ils ont pas peur de couler ces gens-là...Dans mon dos, mes parents sont allés à la réception, ont pris nos clés puis ma mère s'est approchée de moi, prenant ma main et y fourrant une clé argentée accrochée à un porte-clé cylindrique :
-Kat, ta chambre est la 103...a-t-elle précisé au cas où je n'aurai pas su lire les chiffre inscrit en bleu
Sans plus de précisions, ni bonne nuit, ni à demain matin, le couple qui me sert de parents a monté l'escalier et ont disparu au deuxième étage, suivi du con...
Je me suis remise en mouvement et suis montée à mon tour, mes talons claquant sur les marches. J'ai débouché à un couloir moquetté de bleu étoilé (ils aiment le bleu...).J'ai cherché ma chambre attentivement, heureuse de vivre enfin « seule », loin des gêneurs. Je l'ai trouvée toute au fond, marquée d'un beau 103 doré. J'ai tâtonnée sur la serrure avant de réussir enfin à l'ouvrir, un sourire aux lèvres. Sur le seuil de mon appartement privé j'allume la lumière et je reste bras ballants , éblouie par le luxe : un lit deux places trône au centre, tendu de draps clairs, en face une télé grand écran de bonne marque, entouré de murs blancs où pendent des tableaux représentant des danseuses du ventre, des paysages ...Le mobilier se compose d'un fauteuil avec un coussin rouge, une armoire spacieuse à portes coulissantes, une commode de bois, un mini-bar doré encastré dans le mur. Les hublots sont masqués par d'épais rideaux de lin blanc, le tout relève d'un très bon goût...
Laissant éclater ma joie, je me jette sur mon lit qui s'est révélé hypra-moelleux. Mes valises m'attendent miraculeusement sur le côté. Descendant de mon perchoir, j'ouvre le mini-bar ,en sort une bouteille colorée de malibu, la dévisse avec classe et en bois une première gorgée...Ben, vous savez quoi ? J'adore l'alcool !!! Je m'étends sur mon lit, ma bouteille à la main, ma tête sur l'oreiller, mes cheveux étalés, regardant le plafond blanc. Quelques bouteilles plus tard (je ne compte pas ce qui est bon), bues à la suite, je commence à me sentir mal, jugeant préférable d'aller me coucher. Je défais mes valises, rangeant mes affaires dans l'armoire, riant toute seule. Ma tâche finie, mes vêtements bien pliés sur les étagères, j'ai la tête qui tourne. Jetant ce que je porte dans tous les sens, sur la chaise, sur la commode, sur la télé, j'enfile une nuisette courte, transparente, pour laquelle maman a cédé trois mois auparavant. Oubliant de me démaquiller, je m'enfonce dans mon lit, entre mes draps sentant bon le papyrus ???
J'éteins la lumière, souriant encore. Je ferme les yeux, cette fois définitivement, ne me doutant pas que la journée du lendemain allait être la plus longue de mon existence. J'avais à cet instant la tête vide, remplie des vapeurs d'alcool. En hoquetant, je me suis de nouveau enfoncée dans un sommeil profond que le Nil berçait mais dénué de rêve...
A suivre...
xXx DiE WirkLicHkeIt xXx